L’association « Puch-d’Agenais village d’artistes » multiplie les manifestations culturelles, notamment des expositions de peinture et de sculptures dans l’église médiévale de Vignes. Samedi 3 octobre en fin de journée, c’est Alain Paraillous, écrivain lot-et-garonnais, qui est venu apporter sa contribution à l’animation du site avec une conférence dédiée à une personnalité d’exception originaire de Puch-d’Agenais, Pierre Brunet de la Tuque (1757-1824). En présence d’un public nombreux et enthousiaste parmi lequel le maire Alain Maillé et plusieurs membres de son conseil municipal, Alain Paraillous, amoureux fou du vieux patrimoine local et rural, ne pouvait rester insensible à l’émouvante église médiévale de Vigne. Au printemps 1789, lorsque Louis XVI décida de convoquer les États Généraux, Brunet de la Tuque, bien qu’appartenant à la petite noblesse, fut élu du Tiers État pour la sénéchaussée de Nérac. Sitôt rendu à Paris, il ne manqua pas de tenir ses concitoyens au courant de ses activités politiques en établissant un « bureau de correspondance » auprès de son suppléant néracais Gabriel Lespiault. « Ces précieux documents nous rapportent de façon originale, par un élu de chez nous, ce que fut en particulier la fameuse séance du Jeu de Paume le 20 juin 1789 » a déclaré Alain Paraillous. Cependant, si Brunet de la Tuque est entré dans l’histoire, et pas seulement dans l’histoire locale, c’est pour avoir fait voter, le 24 décembre de cette même année, une loi accordant l’égalité des droits civiques aux « non-catholiques », c’est-à-dire aux protestants et aux Juifs. Le conférencier a souligné le caractère exceptionnel de cet acte de tolérance. « Il est exemplaire et à méditer peut-être plus encore aujourd’hui. C’est aussi important que l’édit de Nantes d’Henri IV en 1598. Brunet de la Tuque devrait être classé parmi les Justes, au même titre que ceux qui ont sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale », a conclu Alain Paraillous sous un tonnerre d’applaudissements.